Conférence: "L'arthrose, espoir grâce à une nouvelle molécule réparatrice"

Des pas en avant vers une lutte contre l’arthrose, une maladie qui atteint de plus en plus de personnes. Une molécule, découverte par Regulaxis, pourra permettre de la soigner.

À la base de cette maladie se trouvent des cartilages défectueux. Ceci est lié à l'usure. Les cartilages sèchent et les conséquences sont douloureuses. À l’heure actuelle, on traite l’arthrose de trois manières :

  1. Changer son style de vie ;
  2. Utiliser des traitements non pharmacologiques (kinésithérapie ou perte de poids) ;
  3. Utiliser des traitements pharmacologiques (médicaments). Mais ces traitements sont uniquement symptomatiques Dans les actions rapides figurent des antidouleurs et des anti-inflammatoires. Mais ils attaquent uniquement les symptômes et non la source de la douleur qui est l’arthrose.

L’arthrose est une maladie très répandue dans le monde entier et à l’heure actuelle, il n’existe pas encore de médicament pour la soigner. La Chambre de Commerce et d'Industrie France Belgique de Wallonie (CCIFBW) a donc mis en lien les deux entreprises, Artialis et Regulaxis, pour avancer dans les recherches de Regulaxis sur leur médicament et lancer les études cliniques avec Artialis.

 

La CCIFBW est une organisation qui a pour mission de mettre en relation des entreprises françaises et belges. Parmi les services proposés, elle peut aider à la création juridique d’entreprises et aux démarches administratives, à la rédaction et traduction de documents, aux démarches administratives à l’exportation vers la France, en conseils en législation sociale et statut social en France et en Belgique, etc. Elle organise également plusieurs activités telles que Petits déjeuners-conférences, formations : « un certain regard de France », les festivités du 14 juillet à Liège, etc.

L’organisme a été fondé en 1895 pour les provinces de Liège et de Luxembourg et, en 2014, a étendu leurs compétences à l’ensemble de la Wallonie, hors Brabant Wallon. Elle est membre de la CCI France international, basée à Paris et qui regroupe 130 CCI dans 90 pays.

"D’habitude, nous informons notre public via newsletters mais à l’occasion de cette recherche innovante et de la collaboration de ces deux entreprises, il nous a semblé plus opportun de les réunir en conférence de presse afin de les présenter plus largement", soulignait Alain Laroche, Président de la CCIFBW.

Le 15 juin 2018, Artialis SA, entreprise liégeoise et spécialiste de l’étude du système musculo-squelettique et Regulaxis, société innovante dans le traitement de l’arthrose, ont signé un contrat de 1,6 millions d’euros pour le développement préclinique et clinique d’une nouvelle molécule permettant la réparation du cartilage.
"En 2050, 600 millions de personnes souffriront d’arthrose et, parmi eux, plus de 315 millions présenteront un handicap sévère lié à cette maladie. L’arthrose est une maladie des articulations, qui se caractérise notamment par la perte progressive du cartilage" précise le Professeur Henrotin.

 

Artialis a été fondée en 2010 à l'initiative du Professeur Yves Henrotin en tant que spin-off de l'Unité de Recherche sur les Os et le Cartilage de l'Université de Liège. Il également participé à de nombreuses publications telles que le livre « Osteoarthritis : clinical and experimental aspects ».

Artialis propose de prendre en charge la poursuite des études cliniques.

 

Regulaxis est une start-up française travaillant dans les développements thérapeutiques, financée par la France et par une participation européenne assez difficile à obtenir (ce qui démontre, de nouveau, le besoin existant de trouver un moyen de soigner l’arthrose de manière efficace). Il s’agit d’une petite entreprise avec 5 employés (+ deux à embaucher) ainsi que deux consultants qui y travaillent à 75% temps.

Durant leurs recherches, Regulaxis a trouvé une molécule unique (REG-03) qui pourra restimuler le cartilage et permettre son développement. Grâce à un dépistage de sang, on peut détecter des biomarqueurs qui indiquent si le patient est atteint d’arthrose. "La molécule est conçue pour être injectée dans le genou afin de stimuler les cellules", précise le docteur Claude Carelli, fondateur de Regulaxis en 2013.

Le développement de la maladie se fait en 4 phases (de mineure à sévère) et voit le cartilage disparaitre graduellement (cette dernière étape ayant pour unique solution la pose de prothèse). Il est donc important d'identifier les différentes phases afin d'injecter le médicament au bon moment. En effet, le médicament a besoin de cellules encore existantes afin de pouvoir les stimuler. À partir du moment où il n’y en a plus, le médicament ne pourra rien faire.
Un brevet a déjà été déposé pour cette découverte.

Ensemble, Regulaxis et Artialis abordent les prochaines étapes. Déjà en 2015, les deux entreprises signaient un accord et dès ce moment, ont travaillé ensemble, unissant leurs compétences pour accentuer la précision de ce médicament.
Il faut considérer que créer un nouveau médicament prend bien sur du temps et est assez cher.

Dans une première phrase, un essai est mené sur un petit nombre de sujets volontaires sains (non malades) avec une augmentation très progressive des doses et un suivi, très étroit, en unités spécialisées dans ce type d’essais.

L’objectif est premièrement d’évaluer chez l’homme les effets pharmacodynamiques du produit et deuxièmement d’évaluer la tolérance en dose unique et doses répétées et donc d’établir le seuil de la dose maximale tolérée par l’homme.

Dans une deuxième phase, on détermine l’efficacité du produit chez le patient malade. Durant la phase IIa, on se penche sur un petit groupe de patients qui permet de déterminer si le médicament est actif dans la maladie ciblée et donc de décider de la poursuite du développement. C’est une phase clé de la vie du produit.

Ce produit vise les articulations périphériques et plus précisément le genou. Chaque articulation est différente et ce médicament ne pourra fonctionner que pour le genou et non le dos par exemple. Le dos est assez complexe et la construction des articulations n’est pas identique. Artialis et Regulaxis se montrent pourtant optimistes pour la suite "il faut bien commencer quelque part…". Si la molécule fonctionne sur les genoux, ils pourront continuer les recherches afin de proposer des solutions pour d'autres formes d’arthrose.

En ce moment, Regulaxis et Artialis travaillent notamment au niveau de la France et de la Belgique mais envisagent de s'ouvrir au monde entier. Des démarches ont déjà été faites pour avoir accès à des marchés plus larges. Il faut s’y prendre tôt, souvent pour respecter les délais dans les autres pays.

Si tout se passe comme prévu les études sortiront de la phase 3 en 2023 et le médicament pourra dans ce cas être commercialisé par la suite. Actuellement, il faut remettre le dossier à l’agence médicale pour obtenir la permission de pouvoir entrer dans la deuxième phase fin 2019/début 2020.

infos : www.artialis.com  - http://regulaxis.com

(Justine Brandt)


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