Conférence: La fin du Gai-Savoir ?

"Si la situation quant aux subsides reste la même, nous devrons fermer notre théâtre en avril prochain". C'est le message porté par Roland Langevin, directeur de l'asbl "Gai- Savoir" et Colette Stine, directrice du théâtre.

Depuis 34 saisons maintenant, ces deux directeurs se démènent pour mettre en scène un théâtre avec une certaine écriture : " Il est vrai que notre répertoire est essentiellement du 17e ou 18e siècle mais nous ne faisons pas que des pièces classiques. Par exemple, nous avons déjà proposé une œuvre d'Amélie Nothomb" explique Roland Langevin, "Actuellement, nous serions de toute façon dans l'impossibilité de présenter du contemporain et ce pour une question de paiement des droits d'auteurs. Nous choisissons donc ce qui est tombé dans le domaine public" (70 ans après la mort de l'artiste, ses œuvres sont libres de droit). Par exemple, pour Sacha Guitry que nous mettons en scène en mars prochain avec "Une Folie", le texte date de 1938.
Est-ce parce que nous proposons ce type de théâtre que tout d'un coup, nous ne sommes plus en odeur de sainteté auprès de la Ministre… ou plutôt de son administration car il y a tellement de changement politique chez nous qu'au final, c'est l'administration qui décide"
poursuit-il.
Ce que dénonce également, Roland Langevin, c'est le système des commissions mis en place pour "distribuer" les subsides : "Ces commissions décisionnelles sont majoritairement composées de Bruxellois. Il s'agit des différents directeurs de théâtre qui, pour la plupart, ne sont même jamais venus voir ce que nous faisons ! Comment, dans ce cas, peuvent-ils juger que nous ne méritons pas d'exister !"
"C'est quand même un petit peu difficile de croire que nous sommes déjà tellement nuls qu'en 34 ans, cela ne s'est pas su mais nous sommes aussi tellement bons que cela ne s'est pas su non plus…"
ironise Colette Stine

Roland Langevin, fondateur du théâtre du Gai-Savoir est également comédien et metteur en scène. Quant à Colette Stine, comédienne et directrice du théâtre, elle prend aussi en charge la réalisation des décors et des costumes : "Tout simplement parce que nous n'avons pas les moyens d'engager du personnel, d'autant avec le peu de subsides que nous avons" dit-elle, "Et d'ailleurs, on nous reproche ce manque de personnel… 'Comment? Vous n'avez pas de régisseur de plateau?... Nos acteurs, liégeois de surcroit, sont payés via Smart ou contrat intérim. Ils sont d'ailleurs heureux de pouvoir jouer chez nous. Pour la gestion administrative, nous devons aussi nous en charger. Lorsqu'on nous a annoncé la perte de notre subside de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui est de 12.500€, nous ne voulions pas nous laisser faire et nous avons donc réintroduit un dossier. Il a fallu que nous allions par deux fois au ministère parce que ce n'était pas rempli comme ils le souhaitaient. J'ai fini par demander l'aide de Serge Swysen, directeur de l'Arlequin, qui a connu ce déboire et qui a également rentré un nouveau dossier, au final approuvé. A l'heure actuelle, nous savons que notre dossier a été reçu et jugé correct par l'administration mais nous en sommes là. Nous n'en savons pas plus pour le moment".

Le Gai-Savoir fonctionne donc sur ses recettes et une aide de la Province et de la Ville de Liège "qui, d'ailleurs, tous deux, ont fait un effort supplémentaire pour nous aider mais pas au point de combler le manque" précise Colette Stine, "Nous avons aussi la chance d'être propriétaire de notre bâtiment. Sans cela, nous aurions déjà fermé".

Une pétition électronique (cliquez ICI POUR LA SIGNER) mais également papier a réuni 2.300 signatures. "Le tout a été envoyé au ministère", poursuit-elle "peut-être que nous sommes les 'tous petits poucet' du théâtre mais il n'empêche que nous sommes quand même suivis et estimés par un certain public qui aime le côté répertoire français. Nous pensons que nous remplissons les conditions, entre autre l'accès à la culture : les prix chez nous sont extrêmement démocratiques. On nous reproche d'avoir des spectacles avec de très beaux costumes et donc de faire des frais mais il est vrai que notre institution ne permet pas un grand décor. Notre théâtre peut accueillir 80 à 100 personnes. Nous n'avons pas le recul ni la hauteur donc nous jouons sur la convivialité et sur la beauté des costumes. Prenez 'Le Pouvoir des fables', c’est-à-dire les fables de Jean de La Fontaine et de Florian, présenté dès ce 12 octobre, nous jouons en costume d'époque avec perruque afin de rendre compte du contexte de ces fables".

Les prochains spectacles 

Le théâtre du Gai-Savoir propose 3 spectacles : "Le Pouvoir des fables", Eugène Labiche et Sacha Guitry ainsi qu'une collaboration avec l'atelier théâtral de l'U3A (Université du 3e âge).

Plus d'infos sur ces spectacles via ce lien.
Réservations au 04/342.58.32 ou par mail à l’adresse suivante gai.savoir@skynet.be.

(CFL)


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