Conférence: "Traité à tort d'homophobe"

"Inacceptable". C'est le qualificatif employé par Elio Di Rupo en octobre 2018 sur RTL TVI pour définir les propos prêtés à Henri Huygens. En effet, l'ex-échevin ansois porte l'accusation lourde d'avoir tenu des propos homophobes. L'ancien socialiste revient sur les faits.

L'accusé a toujours nié avoir eu le discours discriminatoire qu'on lui reproche. Le malentendu tient sa source d'une discussion dans laquelle les termes "taux de pénétration", entre autre, n'a pas été entendu dans leur contexte politique. Ils ont donc été rapportés directement au bourgmestre et à Thomas Cialone, autre échevin ansois et membre du MR, comme des propos homophobes. Henri Huygens se serait défendu devant ce dernier en disant "je n'ai rien contre mais je ne suis pas comme ça". C'est sur cette dernière affirmation que l'échevin MR a coupé tout dialogue avec son collègue avant de porter l'accusation au sein de son parti. Selon Thomas Cialone, Henri Huygens aurait déclaré : "les relations entre deux hommes sont contre-nature et, si tu veux, j'irai le répéter sur RTL ou RTC". Ces sont ces dernières paroles qui sont le motif de son exclusion du parti PS.

C'est donc en colère que le président du Parti socialiste s'exprime sur cette affaire sur le plateau de "L'Invité" en octobre dernier. Il juge les dires comme "contraires à la loi" et inconcevables dans un parti qui se bat pour la tolérance et les libertés de tous. Selon M. Huygens et son avocat, Elio Di Rupo "confond justice et politique" et même si les propos rapportés avaient bel et bien été prononcés, ils ne poseraient aucun problème sur le plan légal.
Ils reprochent également à la fédération de Liège de ne pas avoir respecté l'article 79 des statuts du PS qui stipule : "La Commission entend la partie à qui un manquement est reproché, de même que la partie qui l’a éventuellement saisie. Elle procède à toute audition et recueille toutes informations utiles. Toute personne entendue par la Commission peut se faire assister par un autre membre du parti. La procédure est contradictoire" (Selon les statuts du PS de juillet 2017) . Les témoins en faveur de Huygens n'ont pourtant pas été entendus.

De plus, certaines contradictions peuvent être soulevées dans l'accusation de M. Cialone.

Tout d'abord, il prétend avoir attendu avant de porter plainte alors qu'un de ses SMS envoyés en début de soirée qualifiait déjà Huygens d'homophobe.
Ensuite, M. Cialone prétend que son ancien collègue n'a jamais essayé de le rencontrer alors que c'est lui-même qui a refusé de lui adresser la parole.
Enfin, les paroles rapportées sont, selon l'accusé, tout à fait fausses.

D'autres éléments (tels que les nombreux homosexuels présents dans le cercle amical de Huygens ou le nombre important de témoins en sa faveur) sont non négligeables dans cette affaire.

L'ancien échevin en charge de l’Environnement et de l’Égalité des Chances considère que le phénomène a pris bien trop d'ampleur et qu'il n'était à la base qu'une anecdote sans importance. Il se considère comme victime d'une rumeur qui a engendré des conséquences dramatiques. C'est toute une image qui se ternit pour un homme qui portait son parti depuis plusieurs années.

Il conclut d'ailleurs en s'adressant directement à Elio Di Rupo: "J'avais 48 ans au niveau du PS. Pas facile de quitter le parti. J'ai été médiateur entre Michel Daerden et Stéphane Moreau  […] J'étais presque arrivé à les mettre d'accord […] Di Rupo m'a jeté à la poubelle".

Alexia Mattina

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