Conférence: Baromètre santé en province de Liège : le diabète

En Belgique, on estime à environ 600.000 le nombre de personnes atteintes de diabète, sans compter celles qui l’ignorent ! Et le mauvais élève est la province de Liège où le risque diabétique est presque deux fois plus élevé que dans la province d'Anvers.

Outre le fait de faire le point sur l'état de santé en province de Liège, Valérie Notelaers, Directrice de la MC Liège et Anne Bemelmans, Directrice de la MC Verviers-Eupen avaient invité le Docteur Emmanuel Beck, endocrinologue et diabétologue du CHC à parler plus concrètement du diabète.

Le diabète est une des maladies chroniques fréquentes. Celles-ci ont comme principales caractéristiques d'être incurables et à l’origine d’une détérioration de la qualité de vie. Il s'agit d'une affection de longue durée avec une progression généralement lente nécessitant des soins de longue durée.
D’après les statistiques de la Mutualité Chrétienne, le risque de maladie chronique augmente avec l’âge (9,6 % chez les jeunes de 15-24 ans à 52,6 % chez les personnes âgées de 75 ans et plus) mais également en fonction du niveau socio-économique de la population. En effet, en 2015, 7 % des ménages déclaraient avoir renoncé à entamer un traitement pour raisons financières. Ce chiffre atteignait 40 % pour les ménages dont un membre souffre de maladie chronique.

Avant de passer aux statistiques, le Dr. Beck a expliqué ce qu'était le diabète, les facteurs de risque, les maladies et les complications qu'il entraîne.

Le diabète est une maladie chronique caractérisée par un taux de sucre trop élevé dans le sang. Le pancréas se charge de la production d’insuline. Grâce à cette hormone, les cellules du corps peuvent puiser du sucre dans le sang. Lorsque le pancréas produit trop peu ou aucune insuline, le sucre s’accumule dans le sang, provoquant ce que l’on appelle le « diabète ».

Il existe 3 sortes de diabètes :

  • Le diabète de type 1 est un dysfonctionnement du système immunitaire. Le corps ne produit plus du tout d’insuline suite à la destruction de certaines cellules de son pancréas. Il apparaît principalement chez les enfants et les adultes de moins de 30 ans et représente 10 à 15 % des personnes diabétiques.
  • Pour le diabète de type 2, le pancréas produit encore de l’insuline. Cependant, la quantité d’insuline est insuffisante ou les cellules du corps y sont moins sensibles. Il touche principalement les plus de 40 ans et représente 85 à 90 % des personnes diabétiques. Il peut également être héréditaire ou causé par le surpoids et le manque d’exercice physique.
  • Le diabète de grossesse apparaît chez les femmes enceintes si les cellules qui produisent l’insuline dans le pancréas ne parviennent plus à suivre l’augmentation de la demande d’insuline. 2 à 5 % des femmes enceintes présentent un diabète temporaire durant la grossesse qui doit être pris en charge pour éviter les risques de fausse couche ou de mise au monde d’un bébé de trop gros (qui pourrait créer des complications lors de l’accouchement).

 

Les symptômes généraux du diabète sont une envie fréquente d’uriner, une soif anormale, la fatigue, une guérison lente des plaies, etc.

Près de la moitié des patients diabétiques ignorent qu’ils souffrent de cette maladie. En effet, peu d’entre eux prêtent attention aux premiers symptômes et perdent ainsi un temps précieux. Le diabète est une maladie silencieuse d’où l’importance du dépistage. Ce dernier est d’ailleurs recommandé pour les personnes âgées de plus de 40 ans (tous les 3 ans) ou pour les personnes qui présentent un ou plusieurs facteurs de risque (tous les ans).

Parmi les facteurs qui amplifient le risque de développer un diabète, citons l’hérédité, le surpoids et surtout une accumulation de graisse au niveau du ventre, un manque d'exercices physique, un taux glycémie élevée, avoir vécu un diabète de grossesse, le tabagisme, etc.

Préventivement, pour le diabète de type 1, les laboratoires recherchent encore des solutions afin de repérer et éradiquer le problème. Quant au diabète de type 2, dans un premier temps, avoir un mode de vie sain est primordial. Ensuite, il est nécessaire d’effectuer des contrôles médicaux régulièrement et si le problème s’aggrave, un traitement pourrait être nécessaire.

Comme l'indiquait le Dr.Beck : "on ne meure plus du diabète mais plutôt des complications qu'il entraine". On peut notamment citer les maladies cardiovasculaires, les problèmes rénaux, les maladies des yeux, la détérioration du système nerveux et des terminaisons nerveuses (picotements, engourdissement, douleurs, paralysies, troubles de l’érection), le rétrécissement des vaisseaux sanguins ou encore une mauvaise cicatrisation des plaies. Des problèmes plus graves peuvent également survenir au niveau des pieds (on peut perdre une partie ou l’intégralité des sensations dans ses pieds pouvant amener à une amputation totale ou partielle du pied).

Pour tous les diabétiques, le traitement comprend un mode de vie sain, des soins attentifs des pieds, une surveillance de la glycémie, des contrôles et des examens fréquents et pour certains, des traitements complémentaires sont nécessaires (médicaments ou insuline).

 

Valérie Notelaers et Anne Bemelmans ont ensuite évoqué les dépenses conséquentes à la maladie (selon les études de la Mutualité Chrétienne).

En Belgique, le chiffre de 600.000 diabétiques (ou traitées comme telles) croît annuellement de 5% sur cinq ans.

La consommation des médicaments utilisés en cas de diabète est liée, pour une part non négligeable à nos (mauvaises) habitudes de vie mais aussi à un contexte, un environnement qui est loin d’être toujours favorable. Pourtant elle peut parfois être évitée. Une bonne solution est d'imposer l'étiquetage de façon claire sur les aliments des teneurs en sucres, graisses et sel, via un système de codes couleurs, par exemple.

En 2016, près de 4,4 milliards d’euros étaient dédié à l’assurance obligatoire servant au remboursement des médicaments. C’est près d’un milliard de plus en une décennie. Une hausse qui peut être due à la croissance démographique, au vieillissement de la population, à l’augmentation du nombre de patients atteints de maladies chroniques, à la création de nouvelles molécules coûteuses censées améliorer la qualité de vie et l’espoir d’éradication d’une maladie, etc.

Lorsqu'on parle de l'aspect curatif, le principal problème vient de la mauvaise consommation du traitement : surconsommation, sous-consommation ou le fait que les patients ne vont jamais chercher leurs médicaments à la pharmacie, à cause du prix de ceux-ci par exemple.

Les conséquences de ce mauvais suivi du/des traitement(s) sont une augmentation des hospitalisations, de la mortalité et une diminution de la qualité de vie en général.
D’un point de vue financier, bien que les coûts de la médication soient plus élevés, en cas de bonne observance, les coûts totaux (hospitalisations, consultations, etc.) sont plus faibles pour les patients.
Une observance incorrecte provoque donc un surcoût à la fois pour la société (coûts des traitements, baisse de productivité) et pour le patient (à travers des tickets modérateurs ou éventuels suppléments).

D’après les sondages de la Mutualité chrétienne, 1/3 des patients diabétiques se procurerait et consommerait leurs médicaments selon la prescription, 1/3 les achèterait mais ne suivrait pas le traitement et 1/3 ne se les procurerait même pas.

La Mutualité chrétienne souligne que la Province de Liège est plus touchée que le reste de la Belgique.
En presque 10 ans, le nombre de personnes touchées par le diabète a augmenté de 35% dans notre province, passant de 6,5% en 2006 à près de 9 % en 2016. Même si la prévalence (le nombre de cas d'une maladie dans une population à un moment donné, englobant aussi bien les cas nouveaux que les anciens).du diabète augmente surtout avec l’âge, on observe également une augmentation du diabète chez les plus jeunes. Le taux de croissance du diabète a augmenté de 50% chez les 0-24 ans alors qu’il a augmenté de 32% chez les 65-74 ans pour la même période.

Les statistiques ont aussi déterminé que la proportion de personnes diabétiques est plus élevée chez les personnes avec le statut BIM (Bénéficiaire d'Intervention Majorée)

Ce statut, accordé selon le revenu des personnes, permet de bénéficier de remboursements plus importants pour les soins médicaux.

(Michelle Leponce, avec CFL)


Source : http://www.mc.be

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