Conférence: La relance du projet CHB dans le PUM

"Les citoyens doivent faire entendre leur voix et il ne faut pas écouter les vieux dossiers prometteurs." C'est ce qu'explique le Groupement CHB sur le projet de construction d'un tronçon autoroutier à l'est de Liège. " C'est comme balayer la poussière sous le tapis", dénonce l'un des membres.

Dans un premier temps, revenons sur les débuts de cette initiative. La liaison CHB est une idée imaginée par le gouvernement national, dans les années 60 mais constamment repoussée car son coût était bien trop élevé. Ce projet consiste en la réalisation d'une autoroute de 12,5 km reliant Cerexhe-Heuseux à Beaufays, à l'est de Liège, créant ainsi un ring complet autour de la ville. Le but premier de ces travaux serait de faciliter le transit routier et, de cette façon, de désengorger la ville de Liège.
Par ailleurs, cette liaison devrait permettre, suite à la baisse de circulation, la naissance d'une piste cyclable dans le centre ville de Liège. Laurence Falisse, membre du Groupement CHB, qui s'oppose à la création de ce tronçon, explique qu'aucune étude d'impact n'a encore été réalisée sur ce projet. En effet, d'après le Groupement CHB, la route, étant en périphérie de la ville, n'aura pas d'impact sur le centre et donc pas d'impact sur le transit. "Il y a déjà très peu de trafic de transit. 70% du trafic du tunnel de Cointe et 85% sur les quais de la dérivation sont du trafic local. Selon une étude, il n'y aurait que 2,7% de la circulation totale qui serait de la circulation de transit sur la future liaison, explique Laurence Falisse en poursuivant "la majorité de ce trafic est composée de locaux. Au lieu de diminuer le nombre de voitures, on le déplace. C'est comme balayer la poussière sous tapis", citent les membres de l'association.
D'autre part, certaines communes, notamment celle de Chaudfontaine, sont favorables à l'installation de ce tronçon. Le Groupement CHB explique, à ce sujet: « Il faut savoir pourquoi certaines communes veulent absolument cette liaison: ils pensent que ca va leur apporter quelque chose économiquement.»

Malgré les avantages que proposeraient ces activités, le Groupement CHB relève quelques éléments négatifs concernant ces travaux:

  • La dégradation d'une zone naturelle répertoriée dans le plan européen de protection «Natura 2000» pour son intérêt biologique ;
  • Elle serait un facteur d’amplification de l’exode urbain causant d'abord davantage de dommages à la faune et à la flore à cet endroit mais engendrerait un surinvestissement public et privé (nouveaux espaces à bâtir avec les avantages de la ville à la campagne, centres commerciaux, développement en infrastructures routières et impétrants, transports publics, etc.) ;
  • Comme le dit Laurence Falisse: «Ce n'est pas une solution car ce n'est pas ça qui va désengorger le centre de Liège». En effet, il a été démontré que si une route se crée dans cette zone, elle inciterait les habitants des environs à utiliser davantage leur voiture, c'est ce qui s'appelle « l’effet d’appel ». Lorsque l’on crée une nouvelle route, celle-ci attire la circulation, mais pas au détriment d’autres axes routiers. Dans le cas de la liaison CHB, il est démontré que ce projet ne désengorgerait en rien la ville de Liège ou les axes déjà existants. Et ce, sans parler de la pollution supplémentaire que cet « effet d’appel » engendrerait ;
  • Nuisances sonores et dégradation du mode de vie des habitants proches de cette liaison sans baisser la pollution sonore de la ville de Liège en raison de « l’effet d’appel » ;
  • Etc.

Comme expliqué précédemment, ce projet a longtemps dû être repoussé à cause de son coût particulièrement élevé (estimation 2007 : 500 millions d’euros). Laurence Falisse relève que cette somme permettrait de financer une mobilité durable pendant 20 ans. En 2000, le ministre Michel Daerden fit part de sa volonté ferme de réaliser le projet CHB et un budget fut consacré à une étude complète de ces travaux. Le projet fut finalement bloqué par le gouvernement wallon à la suite des actions des associations de défense de l’environnement (Groupement CHB, IEW, etc.). "En 2008, il y a déjà eu une étude d'incidence qui était critique. Elle doit l'être plus à notre époque", cite Jean Peltier.

Selon le Groupement CHB, cette autoroute n'est pas une solution. La meilleure initiative serait de totalement oublier ce projet et de trouver une alternative respectueuse de la population mais aussi de l'environnement, propre et durable.

 (Michelle Leponce)


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