Pierre Wolper, cinquième invité du mois

Depuis l'obtention de son titre de 62e Recteur de l'Université de Liège en octobre 2018, Pierre Wolper est devenu une figure emblématique de notre Cité ardente. Avec 25.000 étudiants et 5.000 employés, l'institution fait aussi la renommée de la ville.

Malgré un attachement certain pour sa ville natale, c'est en Californie que Pierre Wolper réalise sa thèse de doctorat en informatique. Là, il intègre un laboratoire de recherche qu'il quitte pour rejoindre Liège en 1986. Son ambition première est d'y jouer un rôle crucial et d'y apporter quelque chose d'essentiel. En 2001, il est élu membre du Conseil d'administration de l'Université et obtient, quatre ans plus tard, le titre de conseiller à la recherche. Après cinq ans en tant que vice-Recteur à la recherche, il se présente aux élections rectorales en 2014. Il ne gagnera pas celles-ci mais remportera celles de 2018.

Selon lui, l'Université est garante de trois enjeux majeurs:

  • Maintenir et développer la recherche ;
  • Former les étudiants dans diverses disciplines ;
  • Entretenir les écosystèmes liégeois et impacter la société dans les domaines phares de la ville (culturels, audio-visuels…).

Cependant, deux inquiétudes sont au centre de l'institution. La première est un obstacle financier. En effet, même si le nombre d'étudiants croît, le budget global n'augmente pas en conséquence. La seconde est une contrainte qui concerne la réglementation sur le programme de l'enseignement. "Il est normal d'être encadré mais pas de sur-spécifier l'organisation", explique le Recteur.

La visite de Pierre Wolper soulève également d'autres sujets actuels et notamment celui du numerus clausus. C'est une problématique, selon lui, pour laquelle on devrait agir. Le déficit de médecins n'est pas le même dans toutes les spécialités, c'est d'ailleurs la généralisation qui en souffre le plus. De plus, toute étude médicale ne mène pas à une activité prise en charge par l'INAMI. Enfin, le coût de la médecine belge est considéré comme raisonnable pour la qualité qu'elle offre aux citoyens. Il est donc absurde de restreindre autant ce domaine d'étude.

Une autre préoccupation sociale mise en exergue lors de cette rencontre est celle des algorithmes. Quelle place occuperont-ils dans notre futur quotidien? Quels métiers vont-ils remplacer? Le monde journalistique doit-il les craindre? Malgré un regard professionnel et avant-gardiste sur le sujet, Pierre Wolper ne soutient pas une exclusivité virtuelle. Le travail de recherche et de synthèse est, pour lui, indispensable et impossible pour une machine. Il met d'ailleurs l'accent sur les formations aux dérives de l'informatique imposées aux étudiants dans le domaine.

Selon M. Wolper, la société d'aujourd'hui se cherche et c'est à l'Université de la comprendre.

Qu'en est-il du management de M. Wolper au sein de l'ULiège?

Indissociable de son parcours professionnel, sa méthode sera la même que celle utilisée pour gérer des systèmes informatiques complexes. Elle consiste à se focaliser sur les choses importantes et à simplifier la réalité pour raisonner. De plus, la dimension informatique est de plus en plus présente dans la gestion du management, avantage de plus pour notre nouveau Recteur.

C'est pour quatre ans que Pierre Wolper s'engage à veiller au bon déroulement de l'Université, symbole liégeois au cœur de notre reconnaissance internationale.


Alexia Mattina


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