Conférence: Du concret pour les travailleurs : propositions et financement

Dans le cadre de la préparation de leur campagne, Frédéric Daerden et Marc Gobelet, respectivement 1er et dernier sur la liste PS à la Chambre ont présenté une proposition chiffrée pour porter progressivement le salaire minimum belge à 14 €/heure d'ici 2024.

Fréderic Daerden, bourgmestre de Herstal et vice-président du groupe PS à la Chambre (en charge des matières sociales) ainsi que Marc Gobelet, ancien secrétaire général de la FGTB, désapprouvent la politique de la majorité gouvernementale de ces 5 dernières années.

Partant de ce constat, Frédéric Daerden ajoute "Oui, il y a eu création d'emplois mais la Belgique est encore en retrait de ce qu'il se fait en Europe".

L'allocation du tax-shift pour certains, le saut d'index pour d'autres, l'augmentation de la TVA sur l'électricité, l'augmentation des accises sur le diesel et la taxe soda sont autant d'éléments ayant permis d'augmenter la valeur du capital, "alors que la valeur salariale, elle, ne cesse de diminuer", précise Marc Goblet.

Le salaire minimum en Belgique, fixé actuellement à 9,65 €/heure (soit 1.340€ net par mois) reste inférieur à celui nécessaire pour pouvoir vivre dignement. Par salaire minimum, on entend revenu minimum mensuel garanti (RMMG). Pour rappel, le seuil de pauvreté en Belgique est de 1.115 € net par mois.

Pour être en mesure de mener une vie décente, sans s'endetter, sans devoir se priver d'une vie sociale et sans devoir réduire ses dépenses de santé, d'éducation des enfants ou encore alimentaires, un ménage doit être en capacité d'assumer un niveau de dépenses de l'ordre de 30.000 € par an. Cela correspond à une rémunération de 14,87 € brut/heure soit 2.300 € brut/mois (1.600 € net/mois).

Dans une logique de rétablissement de justice sociale, Frédéric Daerden et Marc Gobelet proposent une méthodologie et un financement pour la mise en place de cette mesure : l'augmentation du salaire minimum se ferait progressivement sur une période de 5 ans (2020-2024). Ce qui serait profitable à l'économie par la relance de la consommation tout en ne mettant pas à mal la compétitivité de nos entreprises.

Cette mesure concernerait, en équivalent temps plein, 166.182 travailleurs.

Chaque année, une cotisation patronale solidaire de l'ordre de 1,18 % en moyenne de la masse salariale serait versée à l'ONSS, celui-ci assurant le remboursement aux employeurs concernés par l'augmentation du RMMG. En 2024, ce système de financement serait sujet à une évaluation.

Le rehaussement du revenu minimum est réalisé en cinq phases pour atteindre un salaire brut de 2300€ soit 2875 € avec les cotisations ONSS.

  • 1ère phase : 1/01/2020 : le RMMG brut est de 1954 € soit 2442 € avec les cotisations ONSS. RMMG + 25 %
  • 2ème phase : 1/01/2021 : le RMMG brut est de 2040 € soit 2550 € avec les cotisations ONSS. Augmentation de 86 €.
  • 3ème phase : 1/01/2022 : le RMMG brut est de 2126 € soit 2658 € avec les cotisations ONSS. Augmentation de 86 €.
  • 4ème phase : 1/01/2023 : le RMMG brut est de 2012 € soit 2765 € avec les cotisations ONSS. Augmentation de 86 €.
  • 5ème phase : 1/01/2024 : le RMMG brut est de 2300 € soit 2875 € avec les cotisations ONSS. Augmentation de 86€.

Cette proposition de loi relevant le salaire minimum à 14 euros a été déposée à la Chambre. Parallèlement, ils ont également d'autres propositions, notamment pour réformer la loi de 1996, pour revoir l'accès aux allocations de chômage et d'insertion, pour lancer une réduction collective du temps de travail de manière ciblée et concertée.

 

Bryan Ponente

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