Conférence: Personnes belges en situation de handicap : des discriminations inadmissibles !

Manque de soins spécifiques et paramédicaux ou de loisirs pour les personnes handicapées et manque de personnel et de revenus pour les Services Agréés Partiellement Subventionnés (SAPS), c'est le constat établi. Ils dénoncent le système de subvention à deux vitesses dont ils sont victimes.

"Il existe des services agréés totalement subventionnés... mais les places sont limitées." explique Marc Davreux, directeur de l'Arche ASBL et représentant des SAPS. "En 1997, la Région wallonne a souhaité limiter le nombre de places qu'elle créait et leurs subventionnements. De nouvelles personnes avec un handicap, de nouvelles familles se sont manifestées mais n'ont pas eu l'accompagnement adapté. Ce manque a poussé à la création de plusieurs associations afin de fournir un service à toutes personnes en situation de handicap."

Les Services Agréés Partiellement Subventionnés (SAPS), créés en 2000 sous le nom "collectif article 29" se composent de 50 ASBL. Ils prennent en charge 900 personnes et ce, majoritairement de façon bénévole. "Une personne en situation de handicap reçoit une allocation du Service Public fédéral Finances (SPF) variant entre 1300 et 1600 euros. La majeure partie de cette allocation sert uniquement à payer l'accueil et l'hébergement dans nos services." explique le représentant des SAPS. Les activités proposées sont donc moins diversifiées, l’accompagnement individuel est souvent impossible et les nuits doivent être prestées par des volontaires et sont, de ce fait, moins sécurisantes.

Le représentant des SAPS développe: "Les conséquences humaines vécues au quotidien sont multiples et alarmantes : peu d’accès à des soins médicaux spécifiques (lunettes, soins dentaires, appareil auditif,…), aux prises en charges paramédicales (logopèdes, kiné, psychologue,…), aux activités occupationnelles et de loisir (service d’accueil de jour, vacances adaptées, …), à des achats de biens de première nécessité (vêtements,…)."
L’enveloppe de 2 millions d’euros réservée au fonctionnement des services proposés par ces ASBL n’augmente plus depuis 2009. "Nous estimons que cette subvention ne représente que 5% de ce à quoi nous aurions droit si nous étions totalement subventionnés par la Région wallonne" explique Marc Davreux. "Nous avons fait un calcul et nous estimons que pour offrir un service optimal, nous aurions besoin de 300 à 450 millions par an".

Pour pallier ce manque de subvention et la diminution des dons venant des multiples fondations qui sont de plus en plus sollicitées, les SAPS sont obligés de faire preuve d'imagination. "Aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous permettre d'avoir une équipe de 3 animateurs pour 12 personnes, mais 1 seul animateur" constate Marc Davreux. La créativité n'arrivera malheureusement jamais à éradiquer le problème. "Il faudrait que les différentes institutions publiques se rendent compte que les Services Agréés Partiellement Subventionnés remplissent des missions de service public et que le gouvernement doit faire le choix de subventionner le handicap" affirme-t-il.

Comme ils le rappellent : "Toutes les personnes handicapées doivent pouvoir être prises en charge sans discrimination" (Convention des Nations Unies).

Après s'être rendu au Centre d'Egalité des Chances, les ASBL ont dû prendre en compte le fait, qu'en tant que personnes morales, ils ne pouvaient pas porter plainte.
Les futures campagnes qu'ils vont mener n'ont pas pour but de dénoncer leurs manques de moyens humains mais plutôt de mettre en exergue les insuffisances (soins spécifiques, activités, loisirs, etc.) que subissent les personnes qu'ils accueillent.

Leur objectif est que le pouvoir politique prenne conscience de ces discriminations et change le système de subvention.
Comment l’atteindre ? En menant des actions dans les différentes provinces. "Par exemple", explique Marc Davreux, "en allant dans la rue avec des résidents et leurs proches pour que la population puisse constater ce qu'il se passe".
A la mi-octobre, elles organiseront une rencontre-débat avec les politiques où la presse sera conviée.

{personnes présentes: Marc Davreux (Directeur l'Arche asbl),  Fabienne Ludovicy (Directrice CESAHM asbl), Cécile Schumacher (Directrice Créahm asbl), Sabrina Quarante (Directrice Maison les Mirabelles asbl)}

Mariette Dethier

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