Conférence: Le laxisme des autorités face aux nombreuses illégalités commises par la nébuleuse du secteur de la viande Derwa-Kurth viandes...

Depuis 2005, cinquante riverains dénoncent les nuisances de l'activité de la boucherie Kurth Viande. Une affaire peu banale qui confronte une "société familiale" et plusieurs habitants de l'immeuble situé au 90 du quai G. Kurth à Liège. La justice tente d'apporter une réponse.

Kurth Viande : une affaire cataclysmique ?

La parcelle appartiendrait à plusieurs membres de la famille Derwa, plus précisément Maurice et Anna Derwa, personnes physiques. Kurth Viande, dont le siège est situé au numéro 6 de la rue de l'Abattoir est considéré comme "exploitant externe" - on ne connait pas son statut social (société anonyme, sprl, personne morale, etc.) - et louerait une partie de la parcelle de la famille. Or, cette parcelle est censée être inoccupée et aucun permis d'environnement et d'exploitation de la société n'a été délivré.

Outre cette absence de permis, plusieurs habitants, dont M. De Sart, portent plainte, déplorant le manque d'hygiène entraînant des nuisances sonores mais également la présence de nuisibles (rats, vers, mouches, mouettes…). "On vit dans des insecticides" déplore une habitante du quartier.

Ce riverain a également adressé une lettre au Directeur Régional du Cadastre afin de signifier l'occupation effective de la parcelle qui amènerait à ce que l'administration réclame le revenu cadastral. Il y mentionne de désagréables odeurs, des cris incessants de mouettes et la présence de rats en provenance de la boucherie. Ce qui l'empêche, lui et sa femme, de louer leur immeuble d'une superficie de 650m² et les prive d'une perte de revenus possibles alors qu'il est soumis au cadastre mais également à une taxe pour immeuble inoccupé. "Comprenez bien, avec de tels désagréments, qui voudrait d'un logement pareil !"

Maître Lebrun, en charge de l'affaire, déplore le manque de réaction de la part des autorités. Les riverains et lui, invitent les autorités locales et régionales à porter un regard expert sur ces activités suspicieuses au sein d'une parcelle qui, de surcroît, n'a pas en sa possession de permis d'environnement et d'exploitation pour des activités de boucherie depuis plus de sept ans !

Suite à la procédure judiciaire intentée par l'avocat en charge de l'affaire et suite au passage, demandé par ce dernier, de l'AFSCA au siège de la société, pas loin de cinq tonnes de viandes avariées ont été saisies sans que l'activité de la boucherie ne soit arrêtée.
Par la suite, la boucherie Kurth Viande a dû fermer ses portes pendant dix jours. De plus, les milliers de pneus stockés dans l'arrière cours du bâtiment de la boucherie ont quitté les lieux, sur ordonnance du 11 janvier 2019.

Cependant, à ce jour, les activités ont repris sans que des améliorations ni une régularisation de permis ne soient clarifiées. M. De Sart s'interroge également, vu le va et vient constant, sur le nombre de salariés opérant au sein de la boucherie, soupçonnant de l'illégalité au niveau des permis de travail. Me Lebrun convie également les autorités et les experts à se déplacer sur les lieux pour constater le délabrement des bâtiments.

À ce jour, une action en cessation au Tribunal de Liège est en cours, à la fois pour obtenir des dommages et intérêts pour les habitants directement touchés, mais également, pour faire obtenir et réagir les autorités sur le manque de régularité et d'action dans cette affaire.
Rendez-vous le 6 août prochain pour le verdict avec en demande : "La sortie du déni démocratique et la fermeture définitive de la boucherie", confie Me Lebrun.

Alexandra Baryton



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