Conférence: La difficulté du parcours entrepreneurial en Belgique... Le parcours du combattant d'une start-up qui fête son 5e anniversaire !

Entreprendre en Belgique n’est pas chose aisée. Avec environ 12.000 faillites d'entreprises, grandes ou petites, en 2019, peu osent franchir le cap. C’est ce qui rend le succès de Guillaume Petta et de Localisy d’autant plus marquant. Retour sur la genèse cette société qui fête son 5e anniversaire.

Si la vie n’est pas un long fleuve tranquille, c’est encore plus vrai pour les jeunes entrepreneurs. Le chemin vers la réussite est souvent semé d’embûches, de tracas et de discours réducteurs, et peu parviennent à maintenir à flot l’entreprise de leurs rêves. Pourtant, Guillaume Petta, 24 ans, a relevé ce défi et partage aujourd’hui son expérience.

"L’idée m’est venue quand j'avais 16 ans. J’ai réalisé que Google et les autres moteurs de recherche mettaient principalement en avant des acteurs internationaux ou des gros commerces, mais pas les petites entreprises", explique-t-il.

Trois ans plus tard, la société Localisy était née. Cet annuaire optimisé et basé sur la géolocalisation permet en effet aux internautes de localiser des magasins, des restaurants, des entrepreneurs ou même des articles à deux pas seulement de l’endroit où ils se trouvent. Le but de l’entreprise ? "Donner de la visibilité aux petits acteurs locaux".

L’année de sa création, Localisy reçoit le "prix de l’idée en or" et est placée dans le top 50 des start-ups dans lesquelles il faut investir selon le Trends Tendances. Un an plus tard, l’entreprise fait partie des 100 Meilleures Jeunes Entreprises Belges et, en 2017, la Jeune Chambre Internationale (JCI) remet à son fondateur le prix "Top Manager" pour les entrepreneurs de moins de 40 ans. Aujourd’hui, Localisy a multiplié son chiffre d’affaires par 6 et continue sa croissance.

Pourtant, les choses n’ont pas toujours été roses. "J’ai été confronté à plusieurs difficultés majeures que beaucoup de jeunes entrepreneurs rencontrent également", explique Guillaume. La première de ces épreuves étant les nombreux refus essuyés au moment de présenter son dossier à la Région wallonne pour bénéficier d'une prime. "Comme je n'avais que 19 ans, on me l’a d’abord refusée car je n’avais pas d’expérience dans le monde du travail. En gros, le projet leur plaisait, mais ils ne croyaient pas en la personne qui le proposait."

À force de persévérance, Guillaume a finalement obtenu le soutien qui lui a permis de se lancer. Il a alors commencé à contacter des banques et des fonds d’investissement afin d'obtenir un crédit. "J’ai rencontré une dizaine d’experts et à chaque fois, on me disait que je n’avais pas assez d’expérience, que j’étais trop jeune et qu'il valait mieux que je revienne vers eux dans 5 ou 6 ans. Ces refus étaient très décourageants" détaille l'entrepreneur.

Le soutien d’une banque lui a finalement permis de développer la plateforme pour Localisy.

Malgré cette victoire, Guillaume dresse un constat négatif pourtant représentatif du monde entrepreneurial. "Les banques sont extrêmement frileuses au moment d’investir, surtout dans des nouveaux marchés, comme le digital."

Parallèlement à des problèmes liés à la gestion des ressources humaines (salaires et personnel, par exemple), Guillaume a également dû faire face à un discours stigmatisant concernant son statut d’indépendant. "Contrairement à ce qu’on a pu me dire, je ne gagnais pas "de l’or en barres". Je n’ai d’ailleurs presque rien touché pendant les premières années, après la création de l’entreprise. On est bien loin de la vie facile que certains imaginent."

La plateforme enfin lancée, un ultime dilemme a émergé. "À cause de la crise, nous n’avions pas de budget pour investir dans de la pub et du coup, les clients préféraient se concentrer sur l’achat de marchandises plutôt que d’investir chez nous."

Loin de se laisser abattre, et au vu de la forte demande des acteurs locaux, Guillaume a alors décidé de développer un nouveau service : Localisy Web Agency, une agence de communication digitale pour que les petites structures puissent bénéficier de davantage de visibilité. Cette "agence web" propose notamment aux petites entreprises de créer, de gérer et d’optimiser leurs pages Facebook ou leurs sites internet afin d’améliorer leur référencement.

Fort de son expérience, Guillaume donne aujourd’hui quatre conseils aux jeunes qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure entrepreneuriale en Belgique :

  • alléger les démarches administratives ;
  • abaisser les charges patronales ;
  • revoir les conditions de préavis ;
  • simplifier l’accès au financement.

"En plus de ces quatre conseils, il y en a encore trois qui m'auraient bien aidé : entourez-vous des bonnes personnes, persévérez et focalisez-vous sur la satisfaction des clients." En effet, cette dernière étape est la clé pour entrer dans un cercle vertueux qui mènera à la croissance de l’entreprise : la satisfaction attire les investissements, qui attirent les demandes, et le cycle se répète.

Malgré les difficultés et les épreuves, l’entrepreneur reste positif. "Le parcours entrepreneurial est toujours compliqué et, avec du recul, si c’était à refaire, je ne me lancerais peut-être pas aussi tôt. Mais je suis là aujourd'hui pour parler de cette expérience extraordinaire qui m'a permis de faire des rencontres et de développer mes compétences pour répondre aux demandes des clients", conclut-il.

Ainsi, bien qu'ardu, il semblerait tout de même que le jeu en vaille la chandelle.

 

Plus d'iInfos : 

Localisy : https://www.localisy.com

Localisy Web Agency : https://www.localisywebagency.com

Emma Leclercq


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